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lundi, mai 28, 2018
WWW Dirty Dozen: la Record
Réputé pour la précision de ses garde-temps, Record est assez naturellement devenu fournisseur de plusieurs corps d’armée dans les années 1930-1940 et, singulièrement, de l’armée britannique. Ce sont pas moins de 25 000 exemplaires, selon les estimations, qui ont, au second semestre de 1945, été livrés au Royaume-Uni. Cela fait de la Record, avec l’Omega, la plus répandue des douze W.W.W.
Record Watch Co. est fondé en 1903 à Tramelan, dans le Jura bernois, en vue de produire et breveter la Sector Watch, une montre de poche de forme triangulaire et à affichage rétrograde. La marque jouit d’une très bonne réputation avant-guerre, celle de produire des montres de haute précision. En 1916, la marque fusionne avec plusieurs sociétés sous le nom de Record Dreadnought Watch Co. SA et dispose d’une large gamme d’instruments de mesure du temps et de mouvements, sous plusieurs marques.
Réputée pour fabriquer des modèles de haute précision, Record devient fournisseur de plusieurs armées. En 1949, la société reprend sa dénomination originale et poursuit son développement. En 1960, une montre de poche Record devient la première montre suisse à s’imposer aux États-Unis dans le réseau de chemins de fer.
Il en faudra cependant davantage pour maintenir l’indépendance de la société, dont Longines prend le contrôle l’année suivante. La marque survit ainsi, au gré des considérations de l’actionnaire majoritaire, jusqu’à la fermeture en 1991.
Difficile de savoir, comme à chaque fois, combien d’exemplaires ont traversé les décennies jusqu’à nous. Il convient cependant de noter que les Record W.W.W. se trouvent encore assez facilement, du moins à condition de ne pas être exagérément exigeant sur leur état… Comme pour les Buren, JLC, Lemania et Vertex, le boîtier a été en effet conçu en laiton chromé — les pénuries d’acier avaient dicté ce choix au prix d’une moindre résistance à l’usure. Record partage le sien (ainsi que le fond en acier) avec les Lemania et Vertex. Il résulte d’ailleurs de cette mutualisation des fournisseurs que, lors des maintenances opérées par les horlogers de l’armée, les fonds ont été bien souvent interchangés.
Dans leur aspect original, ces boîtiers sont brossés et joliment galbés et, avec 36,5 mm de diamètre, la Record occupe bien le poignet et n’a pas vraiment à rougir face à une montre des années 2010.
Le cadran, conforme au cahier des charges, expose la marque et la Broad Arrow sur un fond noir laqué du plus bel effet. On trouve également notre Record avec des cadrans de service du ministère de la Défense (MoD) pourtant la référence au code fournisseur attribué à Record, à savoir : 10034.
La mécanique animant cette montre est un calibre Record 022K à 15 rubis et spiral Breguet. Sa conception et sa finition en font probablement le mouvement le plus beau et le plus élaboré que Record ait jamais produit.
Bref, la Record n’est pas une Dirty Dozen au rabais. De fait, les normes d’étanchéité et de précision contenues dans le cahier des charges émis par le ministère de la Défense ont imposé aux douze marques une exigence de qualité de conception qui garantissent que chacune des W.W.W. mérite une réelle considération, même si elle n’est ni la plus rare, ni la plus grande, ni la plus prestigieuse.
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