lundi, mai 28, 2018
Les Speedmaster Chronicles # 1 - James H. Ragan, l'homme responsable de la «Moonwatch»
Dans cette vidéo mise en ligne par le site Monochrome-watches.com, James H. Ragan, qui n’est autre que l’homme qui, à la NASA, supervisa les tests effectués sur les chronographes candidats à l’accréditation pour les missions Apollo. Brisant quelques idées reçues, « Jim » raconte pourquoi et comment le chronographe Speedmaster fut le seul à passer l’ensemble des tests avec succès pour devenir, quelques années plus tard, la fameuse Moonwatch. Dix minutes rares et passionnantes !
Nous sommes dans les années 1940. Sam Davison Jr. est marine dans l’armée américaine, stationné sur la base de Guam, dans le Pacifique. Là, il découvre les lunettes étanches utilisées par les Japonais pour voir sous l’eau. Frappé par la vision nouvelle du monde subaquatique que procure cet équipement, il se met en tête de consacrer sa vie future à la plongée sous-marine.
Après la guerre, Sam Davison commence à plonger dans le lac Michigan en utilisant un matériel rudimentaire (un seau renversé et un système de pompage d’air) jusqu’au moment où il découvre qu’un équipement de plongée a été lancé en France en 1950 : le fameux détendeur breveté par la Spirotechnique et commercialisé aux États-Unis sous la marque Aqua Lung. Il persuade alors sa mère de lui prêter 10 000 dollars pour financer le développement de son premier régulateur. Deux ans plus tard, voit le jour le R-1, régulateur à double voie. Un client en acquiert d’abord dix exemplaires, puis trois cents supplémentaires pour les distribuer dans les magasins Montgomery Ward. Percevant la qualité et le potentiel de l’appareil, Davison décide de fonder sa société pour en assurer le développement. Établie à Evanston (Illinois) en 1954, elle porte le nom de Davison Corporation, vite contracté en Dacor. La société figure ainsi parmi les cinq fabricants historiques d’équipements de plongée aux États-Unis, avec U.S. Divers, Healthways, Voit et Swimaster.
Le succès est très rapide : dès 1960, Dacor est reconnu comme le fabricant de matériel de plongée le plus innovant et, quinze ans plus tard, la société figure parmi les leaders mondiaux dans ce secteur. Petit « fait d’armes » anecdotique : c’est un vieux régulateur Dacor qu’utilise le bruiteur du film Star Wars pour créer la respiration caractéristique de Dark Vador !
Comme la plupart des autres fabricants de matériel de plongée, Dacor ne se cantonne pas aux masques et régulateurs de plongée. La marque intègre rapidement à son catalogue une large de gamme d’instruments parmi lesquels… des montres. En tant que distributeur, Dacor va même jusqu’à faire réaliser des modèles sous sa propre marque.
Sur ce catalogue daté de 1966 (ci-dessous), on trouve ainsi, à côté de masques et d’un poignard, le « tout nouveau modèle » UW 600, vanté pour sa lunette tournante à insert en epoxy, ses 17 rubis, sa fonction date et son étanchéité à 660 pieds (200 mètres)…
Cette montre, la voici : 34 mm de diamètre, boîtier tout acier, couronne non vissée, cadran laqué aux larges index trapézoïdaux cerclés et combinaison d’aiguilles typique de la première moitié des années 1960. Également désigné par l’appellation ACW (Automatic Calendar Watch), ce modèle évoque immédiatement les Blancpain Skindiver (Bathyscaphe) et leurs émules (Waltham, Lip, U.S. Divers).
Le mouvement, signé DACOR également, n’est autre qu’un classique et fiable ETA 2472. Il est protégé par un fond de boîte dont l’extérieur est bien estampillé DACOR, tandis que l’intérieur trahit l’origine du modèle : signé MARC NICOLET et marqué du nombre 680, il désigne sa sœur jumelle, la Marc Nicolet Superior : Animée par un très classique calibre ETA 2472, elle s’est écoulée au compte-gouttes jusqu’au début des années 1970.
En fin de période, broad arrow et dauphine sont remplacées par de tristes aiguilles droites mais un catalogue de l’époque nous indique qu’elle était également disponible en version « lady », toujours disponible avec le style d’aiguilles de la première génération :
Une autre plongeuse de gabarit similaire (35,5 mm de diamètre) apparaît parfois sous logo DACOR. Elle se distingue par une lunette en acier et un mouvement AS 1701.
Dans les années 1970, Dacor s’associe à d’autres marques pour étoffer son offre de montres de plongée. Parmi les partenaires, on trouve la maison Solvil & Titus, qui propose une version personnalisée de sa Calypsomatic. La « customisation » concerne ainsi un lot d’exemplaires de la référence 7986 (photos ci-dessous), caractérisés notamment par un cadran et une lunette spécifiques. Le fond de boîte, le mouvement et la boucle de bracelet sont également frappés du nom de l’équipementier. La coopération est poursuivie avec Titus pendant plusieurs années. Elle se concrétise ainsi par avec une version de la Calypsomatic 8940 personnalisée de même (une autre ici) :
TITUS Calypsomatic, réf. 8940 "DACOR". TITUS Calypsomatic, réf. 8940 "DACOR". TITUS Calypsomatic, réf. 8940 "DACOR". Squale conclut également un partenariat avec Dacor pour fournir un modèle équipé d’un mouvement quartz suisse. Il s’agit là du fameux boîtier 1000 mètres caractérisé par son imposant diamètre (45 mm), et cette bague vissée entre le verre saphir et la lunette graduée, chargée de serrer le premier et de caler la seconde. Ces modèles ayant une place assez marginale dans l’offre d’équipements de plongée proposés par Dacor, leur diffusion s’est avérée très restreinte et il est donc rare d’en trouver, a fortiori en bon état. Elles présentent, à l’inverse, un intérêt particulier pour les collectionneurs, à l’image des Blancpain, Date-o-Matic et autres Doxa marquées Aqua Lung, VOIT ou U.S. Divers.
Quant à Sam Davison, il se consacrera à sa société jusqu’à sa mort, en 1987, avec un souci permanent d’innovation et l’obsession de la qualité. Toujours en activité aujourd’hui, Dacor appartient désormais à Mares. De ce que je perçois, Dacor apparaît toujours au titre de la maintenance de ses équipements mais les quelques montres à quartz encore proposées sont désormais badgées du nom du groupe italien. Ô tempora, ô Mares…
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Tritium : comment s’y retrouver dans les maquages ?
L’utilisation de matière radio-luminescente pour améliorer la lisibilité des montres et autres instruments de navigation remonte au début du vingtième siècle. Le premier à avoir développé une technique d’application de telles substances sur les index et les aiguilles de ses montres est Guido Panerai, en 1915. Utilisant alors le radium, il ne se doute probablement pas des ravages que ce produit très radioactif allait causer dans les rangs des « petites mains » chargées de l’appliquer, au pinceau, pièce par pièce. À l’époque, le radium est même promu comme… bénéfique pour la santé ! Le désastre prend pourtant des proportions terribles aux États-Unis avec l’affaire tristement fameuse des Radium Girls.
La peinture au radium reste pourtant massivement utilisée jusqu’au début des années 1960, dans l’horlogerie comme dans d’autres domaines, et ce n’est qu’à cette époque que la conscience de sa dangerosité est suffisamment partagée pour motiver son abandon progressif et sa très stricte réglementation, décidée en 1963, au profit du prometheum (symbole : 147Pm) et surtout du tritium (symbole : T ou 3H), au rayonnement beaucoup plus limité.
Le tritium (abrégé T ou 3H) est un isotope radioactif de l’hydrogène avec une masse atomique de 3 (son noyau compte deux neutrons et un proton) et une période de 12,3 ans (le temps au bout duquel la moitié de ses atomes se seront désintégrés). Il est produit dans la nature par l’effet du rayonnement cosmique sur les composants de l’air. Il fait aussi partie de rejets des centrales nucléaires.
Cet élément instable émet un rayonnement de particules beta (un électron). Il est de très faible portée (quelques millimètres dans l’air, quelques micromètres dans l’eau et les tissus). Le rayonnement est arrêté par une feuille de papier de soie.
Contrairement à ce qu’on croit trop souvent, ce n’est pas le tritium qui est luminescent, ni cette matière qui est appliquée telle qu’elle en horlogerie ! Le tritium, qui est un gaz à l’origine mais se combine spontanément à l’oxygène pour donner de l’eau tritiée, est encapsulé dans des polymères contenant également des pigments luminescents que le tritium active.
L’utilisation de ces nouvelles substances est elle aussi très contrôlée et soumise à une norme (ISO 3157, publiée en 1975 et révisée en 1991) qui fixe, entre autres, les limites de rayonnement autorisé et les indications à porter à la connaissance des utilisateurs. Au minimum, la présence de tritium est ainsi signalée par la lettre T et celle de prometheum, par les lettres Pm.
Cependant, à l’occasion de vos pérégrinations horlogères, vous avez probablement constaté qu’il existait d’autres types d’inscriptions : T SWISS MADE T ou SWISS MADE T<25 ou encore SWISS MADE T25. Chacun de ces marquages indique dans quelle fourchette se trouve la charge radioactive, exprimée en millicurie (mCi) ou en mégabecquerel (MBq).
Sur certains modèles, la présence de tel marquage ou tel autre permet de faciliter la datation. À titre d’exemple, une des multiples versions du Nivada Chronomaster Aviator Sea Diver, produit au moment de la transition du radium au tritium existe avec plusieurs types de marquages.
NIVADA GRENCHEN Chronomaster Aviateur Sea Diver, cal. Valjoux 92, vers 1965. NIVADA GRENCHEN Chronomaster Aviateur Sea Diver, cal. Valjoux 92, vers 1964.
Divertissante pour ces chronographes attachants, cette variété de marquages peut avoir un impact non négligeable sur la cote d’une Rolex Submariner des années 1960…
Si la mention T SWISS MADE T est de loin la plus courante, l’utilisation du tritium a parfois été signalée par les symboles 3H ou H3, qui renvoient à sa structure élémentaire (deux neutrons, un proton). On trouve le symbole 3H, par exemple, sur les montres militaires allemandes dans les années 1970, telles que les chronographes Heuer Bund ou les Blancpain Fifty Fathoms.
Sous la forme H3, on le trouve sur les montres militaires nord-américaines des années 1980-1990, telles que Adanac et Marathon Navigator. Sur ces dernières, le tritium est confiné à l’état gazeux dans de petites capsules :
Aujourd’hui, le tritium n’est plus utilisé que sous cette forme gazeuse sur ces Marathon et quelques autres montres d’esprit ou à usage militaire telles que Ball, KHS ou Traser. (merci à Sébastien Billard pour la précision). Il a été remplacé par le LumiNova — pâte composée de minuscules ampoules de tritium sans avoir recours aux sels de radium — puis par le Super LumiNova, mis au point au Japon à partir de 1993. Constitué à partir d’aluminate de strontium non radioactif et non toxique, ce type de pâte est encore plus brillant que la précédente génération.
Performance et sécurité assurés, en somme. Mais pour les nuances vanille ou caramel, en revanche, mieux vaut désormais prévoir les pigments à la fabrication qu’espérer l’effet magique du temps…
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Chronomaster Aviator Sea Diver: 1. Le Venus 210
Lancé en 1961, le Chronograph Aviator Sea Diver, à défaut d’en avoir la dénomination définitive, contient l’essentiel des caractéristiques qui feront le succès du Chronomaster Aviator Sea Diver (CASD) pendant près de deux décennies, à commencer par son design, aussi remarquable dans les proportions que dans les détails (voir notre article d’introduction).
L’attrait du modèle, outre ses proportions réussies, tient aussi à son superbe cadran, résolument sportif, et à une paire d’aiguilles luminescentes qui ne manquera pas d’évoquer les Omega de 1957, Speedmaster CK2915 en tête.
Bon, les goûts et les couleurs, me direz-vous… Alors, pour ne pas nous en tenir aux éléments subjectifs, notons aussi que cette montre n’a tout simplement pas de concurrent à l’époque ! Nous ne sommes qu’en 1961 et la vénérable maison Nivada propose en effet au public rien moins qu’un chronographe étanche à 200 mètres doté d’une lunette rotative, l’ensemble offrant une panoplie de fonctions inédite. Les seuls chronographes à lunette mobile, en 1960, sont en effet loin d’être résistants à l’eau et proposent essentiellement des fonctions de navigation (Type 20 de l’armée française et autres chronographes de pilotes, chez Breitling notamment). Il faut attendre la sortie de l’Heuer Autavia 2446M, en 1962, puis la diffusion des boîtiers 20 ATM, vers le milieu des années 1960 (photo ci-dessous), pour voir proliférer des engins à peu près comparables en termes de polyvalence. Pour cette première exécution, Nivada utilise un calibre Venus 210, mouvement à cames de petit diamètre que l’on trouve notamment dans des chronographes Breitling (réf. 2100) des années 1950. Le pont porte, selon les cas, la signature Nivada ou la double signature Nivada et Croton.
Produit jusqu’en 1963, le Chronograph Aviator Sea Diver se distingue des générations ultérieures non seulement par cette mécanique et son appellation « primitive » mais aussi par plusieurs caractéristiques propres. La plus évidente est que, les montres étant encore farcies de radium en ce début des années 1960 (le tritium lui sera substitué au tournant de 1964), c’est bien cette substance qui est présente sur le cadran et les aiguilles avec généralement, sous l’effet du temps, une appétissante patine caramel. L’insert de lunette en epoxy (?) présente des chiffres plus étroits et des index plus gras que sur les versions ultérieures. La marge entre les inscriptions et la bordure de l’insert est également plus importante. Spécifiques enfin, les boutons poussoirs font 4 mm de diamètre pour 2,5 mm d’épaisseur, plus petits que leurs successeurs.
Le Chronograph Aviator Sea Diver se trouve le plus fréquemment sous les marques combinées Corton Nivada Grenchen. CROTON NIVADA GRENCHEN Chronographe Aviator Sea Diver, cal. Vénus 210, vers 1961-1963. CROTON NIVADA GRENCHEN Chronographe Aviator Sea Diver, cal. Vénus 210, vers 1961-1963. CROTON NIVADA GRENCHEN Chronographe Aviator Sea Diver, cal. Vénus 210, vers 1961-1963.
Plus rarement, il se rencontre sous la seule marque Croton et, parfois seulement, sous la seule marque Nivada Grenchen, Les dénominations apparaissent généralement sous la forme de caractères bâton mais on rencontre des exemplaires estampillés Nivada Grenchen où Nivada apparaît sous sa typographie officielle :
Le fond de boîtier, à double méplat, affiche sur la circonférence les inscriptions STAINLESS STEEL WATERPROOF SHOCKPROTECTED ANTIMAGNETIC et, au centre, la référence 8719 M 8221 surmontée, dans certains cas, de la signature Nivada (ci-dessous, photo de droite)
NIVADA GRENCHEN Chronographe Aviator Sea Diver, cal. Vénus 210, 1960-1963. NIVADA GRENCHEN Chronographe Aviator Sea Diver, cal. Vénus 210, 1960-1963.
Une variante existe avec les inscriptions disposées plus près du centre. La face interne porte la double signature NIVADA GRENCHEN et CROTON ainsi que la référence 82116.
Non dénué de succès, du fait de la notoriété croissante d’une marque auréolée des aventures qu’elle sponsorise mais aussi de ses qualités intrinsèques d’esthétique et de sportivité, le modèle évolue discrètement en 1963 et troque la classique appellation Chronograph contre un Chronomaster bien plus distinctif — même si le clin d’œil à la trilogie Omega n’échappera à personne… À suivre dans le deuxième volet de cette série, consacré aux modèles à calibre Valjoux 92.
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24-25 mars 2018 : XVe Bourse horlogère de Mer
Au programme : des dizaines d’exposants et des milliers de visiteurs, une ambiance plus que conviviale et l’occasion de dénicher la pièce de vos rêves mais aussi d’en savoir plus sur l’histoire et les techniques horlogères.
Nous avons donc ici affaire à la première génération de Chronomaster au sens propre du terme, lancée au tournant de 1963-1964. Par rapport à sa devancière, la carrure et la lunette demeurent inchangées, de même que le graphisme général du cadran. Cependant, outre la mécanique, les évolutions sont à la fois assez nombreuses et subtiles pour nécessiter un examen soigneux.
Sur le cadran, le principal changement tient à l’appellation CHRONOMASTER (ci-dessous, photo de droite), qui vient se substituer à CHRONOGRAPH. On note aussi (merci au sympathique lecteur qui l’a signalé) une évolution dans la forme de l’aiguille des heures, plus étroite sur le Chronomaster.
Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, la Bourse horlogère de Mer (Loir-et-Cher) a été fondée en 2004. Elle est aujourd’hui devenue le plus grand rendez-vous d’horlogerie ancienne en France avec ses 75 exposants et ses 1 500 visiteurs. C’est un groupe d’amis de la région Centre, tous adhérents de l’Association française des amateurs d’horlogerie ancienne (AFAHA), qui a fondé la réputation de cette manifestation organisée avec succès chaque année.
L’insert de lunette adopte un graphisme plus gras (ci-dessous, photo de droite). Les chiffres sont plus larges et l’espace les séparant du bord extérieur est réduit. La différence la plus aisée à repérer est la forme du 4 : son sommet est pointu sur le Chronograph et plat sur le Chronomaster.
Le fond de boîte adopte un nouveau profil à un seul méplat, sur lequel les informations sont gravées différemment. Comme sur la version Chronograph, plusieurs types de fonds existent.
Les deux poussoirs du chronographe gagnent en diamètre (5 mm contre 4) et en épaisseur (2,75 mm contre 2,5).
Version 3 VersioNivada ne fabriquait pas ses mouvements et utilisait donc des calibres génériques. Le mouvement le plus habituel dans les premières versions du Chronomaster est le Valjoux 92, mouvement à roue à colonne créé en 1950.
La version à Valjoux 92 est probablement la plus courante parmi les Chronomaster broad arrow. On la trouve avec une variante de cadran, dite à index rapprochés. Comme le montre la photo de droite ci-dessous, les index lumineux sont rapprochés du centre du cadran et ne touchent donc pas la minuterie
La version de cadran, si l’on se fie aux occurrences dans Google, doit être beaucoup plus rare que l’autre, et se rencontre exclusivement — sous réserve d’inventaire plus complet — sous la marque Nivada Grenchen et dans le modèle équipé du calibre Valjoux 92.
Le CASD Valjoux 92 est d’abord équipé de la large couronne déjà utilisée sur le modèle antérieur. Tout comme sur le Chronograph Venus 210, elle se rencontre avec ou sans le « N » caractéristique de la marque Nivada.
NIVADA GRENCHEN Chronomaster, cal. Valjoux 92, vers 1965. NIVADA GRENCHEN Chronomaster, cal. Valjoux 92, vers 1965.
Cette couronne est ensuite remplacée par une version plus maniable (car plus épaisse, pour un diamètre intérieur) mais à l’aspect plus générique. Celle-ci semble identique à la version équipant les Chronomaster Valjoux 23 (mais on la trouve signée sur ces derniers).
Il semble que le passage de l’appellation Chronograph à Chronomaster ne coïncide pas exactement avec l’abandon du radium, interdit à partir de 1964. Du moins, la mise en vigueur de la réglementation incitant à mentionner sur le cadran la présence du matériau radioactif paraît-elle avoir été progressive. En effet, certains Chronomaster ont un cadran dit « Swiss only », c’est-à-dire sans lettre « T » signalant la présence de tritium (photo ci-dessous). Sont-ils antérieurs à 1964 ?
Par la suite, la présence de tritium est déclarée par l’ajout d’une lettre T au centre, sous l’appellation CHRONOMASTER AVIATOR SEA DIVER et au-dessus de la mention SWISS.
Le CASD Valjoux 92 existe dans une rare version à cadran « panda », que l’on trouve sous le marques Nivada Grenchen et Croton. Les caractéristiques sont les mêmes que celles du modèle à cadran noir.
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Chronomaster Aviator Sea Diver : 3. Les Valjoux 23 et 234
L’utilisation du mouvement Valjoux 23 — qui a servi de base, rappelons-le, à toute une famille de calibres, dont le mythique 72 — débute probablement dès 1965-1966. Les premiers exemplaires ont une apparence similaire à celle de leurs cousins animés du Valjoux 92. Il ne paraît se distinguer que par la couronne, non signée mais plus épaisse.
Le calibre Valjoux 23 est un mouvement à roue à colonne à deux poussoirs. Le poussoir situé à 2 heures permet de lancer la mesure et de l’arrêter, le poussoir situé à 4 heures permettant la remise à zéro.
Le modèle semble intégrer ensuite, progressivement, des évolutions qui assurent la transition vers la deuxième génération de Chronomaster.
Le changement qui paraît survenir en premier est celui du cadran. Plat dans les versions primitives, il se caractérise désormais par des sous-compteurs en creux avec un effet de texture qui les détache plus visiblement du reste du cadran (le pourtour des sous-compteurs est lisse et brillant, par opposition au reste du cadran, qui est mal, voir l’exemplaire ci-dessous). À ce stade, aucun changement graphique n’est initié sur le cadran. CROTON Chronomaster, cal. Valjoux 23, circa 1965. CROTON Chronomaster, cal. Valjoux 23, circa 1965. CROTON Chronomaster, cal. Valjoux 23, circa 1965. CROTON Chronomaster, cal. Valjoux 23, circa 1965. CROTON Chronomaster, cal. Valjoux 23, circa 1965. CROTON Chronomaster, cal. Valjoux 23, circa 1965.
Par la suite, le cadran adopte d’autres évolutions : les index horaires lumineux sont désormais plus épais et le graphisme des sous-compteurs abandonne la disposition radiale des informations. L’ensemble perd en charme mais gagne en lisibilité. Il semble qu’une nouvelle couronne signée fasse son apparition dans cette période :
NIVADA GRENCHEN Chronomaster Aviator Sea Diver, cal. Valjoux 23, circa 1965. NIVADA GRENCHEN Chronomaster Aviator Sea Diver, cal. Valjoux 23, circa 1965.
Puis, la fine aiguille des secondes cède la place à une spectaculaire lollipop rouge du plus bel effet. Enfin, dans sa configuration « définitive » et « standard » (notez les guillemets, tant la chronologie reste incertaine), le Chronomaster adopte des aiguilles droites et peintes en blanc (y compris pour les sous-compteurs), tout en conservant cette la grande lollipop rouge pour le compteur de secondes.
À l’exception des premières séries, sur lesquelles est toujours inscrit NIVADA GRENCHEN en simples lettres majuscules sans empattement, le nouveau logo fait son apparition, avec un « N » majuscule intégré dans un écusson surmontant Nivada Grenchen, ou Nivada tout court en italique.
Plus épaisse et d’un diamètre inférieur à celle que l’on trouve dans les modèles antérieurs, la couronne adopte également le sigle « N ».
Bien que le Nivada CASD ait été doté, dès l’origine, d’un compte à rebours de départ de régate (la fameuse part de camembert rouge et graduée de 5 à 1), quelqu’un s’est apparemment soucié de proposer une version plus clairement typée régate, dans la veine des Yema Yachtingraf ou Heuer Skipper. S’agit-il d’une commande spéciale, d’une petite série, d’une configuration réalisée a posteriori ?
Certains modèles de Chronomaster sortent à la fin des années 1960 avec une appellation spécifique : Chronoking. Ces versions « de luxe » se distinguent par un cadran noir mat dont se détachent deux compteurs gris et brillants, perçus comme plus modernes. Tous les modèles partageant ces caractéristiques ne portent cependant pas ce nom particulier et conservent alors l’appellation habituelle, Chronomaster.
Le boîtier ne change pas et les aiguilles droites sont également celles des Chronomaster contemporains mais on rencontre également des exemples avec des aiguilles plus fines et pointues, telles que sur l’exemplaire représenté ci-dessus. L’aiguille lollipop est, en revanche, délaissée au profit d’une aiguille plus simple. L’insert de lunette, enfin, adopte le lettrage plus carré que l’on retrouve ensuite sur d’autres modèles de CASD des années 1970. La couronne, enfin, apparaît plus massive et anguleuse ; elle n’est plus signée comme sur les CASD lollipop.
Le Chronoking existe dans une version sans date (calibre 23) et avec date (calibre 234, évolution du précédent).
Les modèles dotés du calibre Valjoux 234 — excellent mouvement que l’on retrouve aussi sur le rarissime Nivada Datomaster ainsi que sur les Tudor Monte-Carlo et quelques autres chronographes Yema, Enicar…) gagnent donc une fonctionnalité supplémentaire : l’affichage de la date, avec un guichet positionné à douze heures.
Cette référence se trouve sous les marques Croton et Nivada, cette dernière semblant avoir, à cette époque, réussi à se passer de la référence à la ville de Granges (Grenchen) à laquelle Movado l’avait contrainte vers 1960.
Il y a quelques personnages qui, pour un fondu de montres anciennes, suscitent un émoi tout particulier. Paul Newman en fait partie, pour une raison finalement fortuite : il a popularisé une version particulière de cadran du célèbre chronographe Rolex Daytona. Boudée à l’époque, ce cadran caractérisé par des sous compteurs au graphisme singulier est aujourd’hui devenu un Graal absolu en raison de son pedigree et de la rareté due à on insuccès d’alors.
Eh bien figurez-vous que notre Nivada Chronomaster a, lui aussi, sa version « Paul Newman ». Non parce que le célèbre acteur et coureur automobile aurait possédé ce modèle mais bien parce que le graphisme du cadran reprend fidèlement certaines de ses caractéristiques graphiques.
Aussi rares que recherchés, les CASD « Paul Newman » existent, comme les Daytona, en version « panda » (cadran blanc, compteurs noirs) et « panda inversé ».
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Jenny
L’aventure des montres Jenny a commencé il y a seulement cinquante ans avec Gustav Jenny. Né en 1889, il débute sa carrière en fabriquant, assemblant et finissant des montres et composants pour des marques horlogères suisses. En 1963, sons fils Paul G. Jenny, né en 1918, établit Jenny & Cie SA à Lengnau (Suisse) et lance une première série de montres de plongée, les Jenny Caribbean, qui revendiquent bientôt le titre de premières montres de série étanches à 1000 mètres grâce à un boîtier monobloc breveté (brevet suisse n°5292/68). Elles devancent alors, de quelques mois à peine, les Sandoz « Baby Panerai » dont nous avons parlé ici. En 1969, Paul G. Jenny et son frère Hans déposent une autre innovation (brevet US n°3.613.354) : une lunette de contenant une table de décompression aussi belle qu’illisible…
La gamme de boîtiers Caribbean s’étale de 200 à 2000 mètres. La Caribbean 2000 ressemble à un gros pneu en acier doté (caractéristique commune avec le Caribbean 1500) d’un label « triple safe » en référence aux trois joints d’étanchéité
Avec ces deux innovations significatives, Jenny s’octroie une reconnaissance dans le monde très fermé des montres de plongée à hautes performances. Reste que, si la détention des brevets ne fait pas de doute, il n’est pas certain, en revanche, que Jenny possédait l’outil de production. C’est par le biais d’accords de licence que la société fournit de nombreuses marques telles que, notamment, Thermidor, Montresor, Philip Watch, Dugena, Haste de Luxe, Eisenhardt, Jacques Monnat, Jaquet Droz, Aquadive, Fortis, Ollech & Wajs, Valorus. Les modèles sont alors porteurs de la double appellation : à la marque principale viennent s’ajouter le nom « Caribbean » et le poisson stylisé. On songe ici immédiatement à Squale, autre concepteur de boîtiers de plongée de grande qualité, qui procède de même avec d’autres marques.
Sa spécialisation permet à la maison Jenny de survivre aux tourmentes des années 1970-1980 jusqu’à demeurer, aujourd’hui encore, l’une des rares marques suisses indépendantes et familiales. Paul G. Jenny meurt en 1978 et son frère, en 1983. On trouve d’ailleurs des membres de la famille Jenny qui furent à la fois témoins de la naissance de la marque, il y a cinquante ans, et acteurs de sa renaissance, en 2012. Belle histoire, non ?
Est-il besoin de présenter Eterna ? Sans doute, car cette maison horlogère suisse, toujours en activité, peut revendiquer un patrimoine remarquable au plan technique et quelques belles créations. Mais il faudra attendre, cher lecteur, car l’auteur capricieux de ce blog a mis la priorité, après la revue de la plongeuse Super Kon-Tiki et celle du chronographe 154 FTP , sur la présentation d’une montre qui, par son histoire, justifie en soi un long article. Créée sur les ruines de la Première Guerre mondiale et de la partition de l’Empire austro-hongrois, la Tchécoslovaquie réunit des territoires peuplés de Tchèques, de Slovaques, de Ruthènes et de minorités hongroises et allemandes. République démocratique parlementaire dominée par les Tchèques, elle n’est guère du goût des Allemands, qui n’ont qu’une idée : remodeler la région à leur convenance et, plus particulièrement, selon les contours du Lebensraum théorisé par Hitler.
Le 30 septembre 1938, l’annexion des Sudètes, objet des tristement célèbres accords de Munich, ne fait ainsi que préfigurer le dépeçage du pays. Désavoué pour les avoir acceptés, le président tchécoslovaque Beneš démissionne le 5 octobre et part en exil, ouvrant la période d’une éphémère Seconde République tchécoslovaque dirigée par le général Syrový et Emil Hácha. Les indépendantistes gagnent de l’audience, notamment en Slovaquie, jusqu’à la proclamation de l’indépendance slovaque le 14 mars 1939, veille de l’invasion allemande. Les troupes du Reich pénètrent alors en Bohême et en Moravie, dès le 15 mars, et le pays est aussitôt fragmenté. À côté de la République slovaque indépendante mais collaborant avec le Reich, un protectorat de Bohême-Moravie est institué et quasiment annexé à l’Allemagne. Réunifié après la guerre, le pays tombera dans la dictature en 1948.
Pendant le conflit, la résistance tchèque, active à l’intérieur du pays, l’est aussi à l’extérieur. Fait notable : les forces aériennes, les engins, les équipements et l’industrie aéronautique elle-même représentent un enjeu majeur.
Pays enclavé (privé d’accès direct à la mer), la Tchécoslovaquie considère en effet, dès 1919, comme un axe stratégique le développement d’une force aérienne propre. Celle-ci s’appuie d’abord sur la construction locale sous licence d’appareils conçus dans les pays alliés ainsi que de moteurs. Avia, principale société du secteur aéronautique tchèque dans l’entre-deux-guerres, construit ainsi de nombreux avions et des moteurs sous licence Hispano-Suiza.
En territoire occupé par les Allemands, les appareils sont saisis et incorporés à la Luftwaffe tandis que l’industrie aéronautique locale est naturellement mise au service de l’armée du Reich. Avant de tomber dans le piège, de nombreuses escadrilles s’échappent cependant pour rejoindre la Pologne et la France, puis l’Angleterre. À l’Est, certains se battront sous les couleurs de l’Union soviétique ; Outre-Manche, ils formeront des escadrons de chasseurs et de bombardiers créés au sein de la Royal Air Force. Le meilleur pilote de chasse allié de la bataille d’Angleterre sera d’ailleurs un as tchèque : Josef František. Après la fin de la guerre, en 1945, quatre escadrons tchèques de la RAF (numéros 310, 311, 312 et 313) intègreront l’armée de l’Air tchécoslovaque.
Au milieu des années 1930, le ministère des Armées tchécoslovaque lance un appel d’offres pour la fourniture de montres-bracelets à destination des pilotes des forces aériennes. Trois marques répondent au cahier des charges : Longines d’abord, puis Lemania et Eterna.
Le point commun de ces modèles : un cadran noir à grande ouverture indiquant les heures en chiffres arabes et les minutes sur un « chemin de fer » ainsi qu’un très caractéristique boîtier « coussin » en acier inoxydable, choisi pour sa résistance aux champs magnétiques auxquels sont particulièrement soumises les montres de pilotes dans les cockpits truffés d’appareils électriques.
Le fond de boîte porte généralement, pour les versions affectées aux pilotes, l’inscription MAJETEK VOJENSKÉ SPRÁVY, qui signifie : « propriété de l’autorité militaire ». De cette inscription naîtra l’appellation « Majetek » qui désigne depuis ces trois modèles, qu’ils aient ou non eu une affectation militaire. C’est d’ailleurs pour cela que je préfère parler de « type Majetek » dès qu’il s’agit d’englober les exemplaires militaires et civils.
La Longines, qui est la première livrée, la plus grande (41 mm de diamètre, 52 mm de long, énorme pour une montre-bracelet de l’époque) et la plus recherchée, est produite à environ 3000 exemplaires, avec plusieurs versions de cadrans et mouvements (notamment le calibre 15.68Z, conçu dans les années 1920 pour des montres goussets). Les anses sont en acier plié (et non usiné comme ses cousines), avec un entre-cornes de 24 mm et des pompes soudées. Le fond clipsé forme une cage antimagnétique particulièrement efficace et le cadran est entouré d’une lunette cannelée mobile dotée d’un petit bec servant de repère. Les premières versions sont dotées d’un cadran émaillé mais la fragilité de ce dernier lui vaut d’être remplacé par de plus classiques cadrans en métal peint.
La Lemania, plus modeste en taille (38 mm de diamètre, 50 mm et entre-cornes de « seulement » 22 mm), arrive plus tard, lorsque le prix élevé des Longines finit par être considéré comme exorbitant pour les Tchécoslovaques. Elle est animée par un mouvement maison, le calibre 3050 (17 rubis).
L’Eterna est livrée en 1939 par la manufacture suisse avec une apparence assez proche de la Lemania mais — selon moi — un dessin de boîtier bien plus réussi. Légèrement plus « carrée » que la Lemania, elle affiche 38,5 mm de diamètre et 48 mm de long, avec un entre-cornes de 21 mm, soit des dimensions encore hors-normes pour des montres de l’époque, sans pour autant atteindre les mensurations impressionnantes des chronographes des pilotes de la Luftwaffe.
Souvent polis et repolis, les boîtiers qui ont réussi à traverser les décennies dans leur état original sont rares. Dommage… car les angles subtils appliqués à la carrure ne sont pas pour rien dans la personnalité et le charme de ce modèle.
À l’intérieur, bat un mouvement Eterna de 14 lignes à 15 rubis, sous deux configurations : d’abord le calibre 852 à petite seconde, puis le 852S à seconde centrale. Superbe dans sa simplicité, il est d’une redoutable précision (18 000 A/h) et revendique pas moins de 50 heures de réserve de marche !
La version à petite seconde (cal. 852) est la première apparue chronologiquement et s’avère particulièrement rare. On la trouve sous plusieurs formes mais je manque, à ce stade, d’informations. Selon les experts, les exemplaires à petite seconde n’ont, en tout cas, pas eu de destin militaire.
Ci-dessous, un exemplaire au cadran « tropicalisé » avec un grand registre à six heures (note : la couronne n’est pas d’origine).
Ci-dessous, un exemplaire au pourvu d’un cadran différent : le sous-compteur est plus petit, le graphisme des chiffres et du chemin de fer sont spécifiques (là aussi, la couronne a été remplacée). Côté cadran, on a affaire à un véritable cadran gilt, avec une impression noire laissant au jour le métal là où doivent apparaître les inscriptions. À l’origine, les chiffres arabes marquant les heures étaient rehaussés de radium, comme il était d’usage à l’époque sur ce type de montre dont la lisibilité en toutes circonstances était un impératif. Bien souvent, la matière a été retirée ou perdue (ci-dessous).
La configuration la plus répandue combine une fine graduation périphérique de type « chemin de fer » avec des index au 1/5e de seconde et un chiffrage des minutes de 10 en 10 (ci-dessous).
Plus rares, deux versions sans chiffrage des minutes apparaissent de temps à autre : d’abord une graduation simple (ci-dessous, à gauche), puis une graduation type « chemin de fer » (ci-dessous, à droite).
Les aiguilles des heures et minutes, farcies au radium, semblent constantes tout au long de la production. S’agissant de celle des secondes, l’extrémité du contrepoids est généralement droite mais prend parfois la forme d’une goutte.
Au verso, si l’on garde à part les rares versions gravées MAJETEK VOJENSKÉ SPRÁVY, deux types de fonds de boîte vissés coexistent. Les plus anciennes portent un fond assez bavard, vantant toutes les qualités techniques de l’engin : la résistance à l’humidité (WATERPROOF IMPERMEABLE), aux champs magnétiques (ANTIMAGNETIC), à la corrosion (STAYBRITE STEEL) et aux chocs (SHOCK ABSORBER) grâce à un dispositif maison qui préfigure l’Incabloc.
Par la suite, un fond uni prend le relais, avec pour seule inscription le numéro de série à sept chiffres, inscrit en caractères italiques ou parfois droits parmi les exemplaires les plus tardifs (1948).
La présence du numéro de série permet de dater les exemplaires assez facilement. Il apparaît ainsi que la plupart que l’on trouve sur le marché sont postérieurs à la guerre (1946-1948). En d’autres termes, les « vraies » Eterna « Majetek » sont, évidemment, extrêmement rares…
Au moment de l’invasion allemande, une partie de ces montres s’envole avec leur propriétaire vers la France et la Pologne et les accompagnent au combat contre l’Allemagne nazie dans les rangs de la Royal Air Force. En hommage à la bravoure de ces pilotes, certaines « Majetek » seront marquées de deux dagues croisées gravées sur l’anse à 11 heures.
Ce signe, présenté comme une sorte de « croix de guerre », se trouve traditionnellement marqué sur certains équipements militaires tchèques, un peu à l’image du « pheon » (Broad Arrow) britannique, généralement suivi de deux derniers chiffres de l’année de dotation :
D’autres exemplaires d’Eterna Majetek, restés sur place en 1939, sont pour leur part saisis par l’armée du Reich comme prise de guerre et utilisés par les pilotes de la Luftwaffe. Ces derniers s’avèrent cependant difficiles à trouver et surtout à identifier car ils ne portent pas de marquages particuliers. L’exemplaire ci-dessous, qui présente un fond surchargé de l’aigle nazi (en même temps que les sabres croisés sur la carrure !) a été falsifié : le numéro de série indique qu’il est postérieur à 1945 et aucun exemplaire saisi n’a fait l’objet d’un tel marquage.
Longtemps ignorée des collectionneurs, l’Eterna « Majetek » est pourtant une montre mythique. Dans l’ombre de la Longines, elle n’a pourtant pas à rougir de ses caractéristiques, qui la rendent d’ailleurs très portables aujourd’hui, ni de son histoire. La marque Eterna, en pleine exploration de son riche passé avec sa gamme Heritage, s’est d’ailleurs essayé à l’exercice de l’hommage en proposant un modèle dit « 1939 » qui reprend globalement de dessin d’origine.
ETERNA Heritage Military "1939". ETERNA Heritage Military « 1939 ». ETERNA Heritage Military "1939". ETERNA Heritage Military « 1939 ».
Avec 3 mm de diamètre en plus (inflation oblige), l’engin adopte un mouvement automatique ETA 2824-2 agrémenté d’un rotor sur roulement à billes (signature de la marque). Affublée de Luminova laiteux et d’un guichet à date étrangement disposé au-dessus du 6, elle ne fait cependant pas l’unanimité. On saluera néanmoins l’effort, qui souligne la singularité intemporelle de ces engins. D’ailleurs, Longines a suivi le même chemin en proposant également une interprétation contemporaine de sa « Majetek ».
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Dirty Dozen: la Cyma
Si la Cyma fait l’objet d’un engouement certain depuis quelques temps, elle a toujours figuré parmi les plus populaires des « Dirty Dozen », ces montres fournies à l’armée britannique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sa rareté est pourtant modérée puisqu’elle a été produite à environ 20 000 exemplaires quand les plus « communes » des Douze, Omega et Record, ont été chacune produites à 25 000 unités. Si Omega profite du prestige de sa marque pour tenir une cote élevée, cette Cyma présente en revanche d’autres atouts.
Les origines de la marque Cyma remontent à 1862. Cette année-là, Henri-Frédéric Sandoz fait ses premiers pas dans l’horlogerie. En 1871, à vingt ans, il fonde la société Henri Sandoz et Cie, au Locle. Le développement rapide de ses affaires lui permet de créer une deuxième société, non loin de là : la Tavannes Watch Co., détentrice de la marque Cyma (forme latine du mot « cime », sommet). La manufacture invente un mouvement à ancre extra-plat intégré dans une montre de poche dont la grande précision est saluée au début du XXe siècle. Les premiers systèmes antichocs sont introduits en 1915, ainsi que des boîtiers waterproof. Le succès est au rendez-vous pendant plusieurs décennies. En 1938, Cyma se revendique premier fabricant suisse de montres de précision avec une production de 4000 montres par jour. En 1943, Cyma lance sa première montre automatique (calibre 420). D’autres modèles significatifs sont lancés dans les années 1950-1960 (Time-O-Vox, Navystar). Cependant, la fabrication de calibres s’arrête en 1960 et la production s’interrompt en 1966, pour reprendre en 1980 avec des calibres manufacture.
Lorsque Cyma décide de répondre à l’appel d’offres lancé par le ministère de la Défense britannique, la marque est toujours dans le giron de la société Tavannes Watch Co., détenue par les frères Schwob.
Le premier atout expliquant le succès de cette Cyma est, incontestablement, son boîtier. Usiné en acier (comme les Eterna, Grana, IWC, Longines et Omega), il a traversé les décennies sans trop subir les outrages du temps, à la différence des modèles à boîtier en alliage chromé, parfois de qualité médiocre (les Jaeger-LeCoultre ont notamment ce handicap). Cyma n’a, en outre, pas été avare en métal puisque le boîtier est également celui qui présente les dimensions les plus généreuses. Avec 38 mm de diamètre hors couronne, elle est déjà, avec la Longines, la plus grande des Douze et la présence au poignet est encore renforcée par une lunette épaisse. Au total, cette montre affiche donc des dimensions très actuelles. Seule concession à son époque, l’entre-cornes ne fait que 18 mm quand une montre d’aujourd’hui aurait sans doute opté pour 20 mm minimum…
La couronne, elle aussi généreusement dimensionnée, affiche un bon 6,6 mm de diamètre. Le verre en hésalite, réputé incassable, a la particularité d’être tenu contre la carrure par une bague vissée par l’intérieur — comme, par exemple, sur les Nivada Depthmaster.
Le fond de boîte, naturellement en acier lui aussi, est plat et brossé. Il est également vissé afin de concourir à l’étanchéité de la montre et présente quelques inscriptions caractéristiques.
Sous la traditionnelle Broad Arrow marquant la propriété de l’armée britannique, et les initiales W.W.W., on trouve d’abord le numéro de série militaire, à cinq chiffres, précédé de la lettre P. Pour mémoire, chaque marque fournisseur du MoD s’est vu affecter un code de référence prenant la forme d’une lettre. Celle-ci est normalement exclusive et unique. Cependant, certaines lettres ont été partagées par deux marques et c’est le cas du P, affecté à la fois à Cyma et Lemania. Sous cette référence, on trouve le numéro de série civil, lui aussi à cinq chiffres, qui correspond au numéro militaire invariablement augmenté de 5000.
Le cadran suit, bien évidemment, les spécifications du cahier des charges émis par le ministère de la Défense (MoD) britannique : grands chiffres blancs très lisibles sur un fond noir, petit seconde à six heures, minuterie matérialisée par un chemin de fer sur le pourtour du cadran et repères lumineux à chaque heure et sur les aiguilles. La Broad Arrow est encore présente sur le cadran, ainsi que la marque. Cyma a opté pour un cadran mat, comme la plupart de ses concurrents, ainsi que pour des aiguilles chandelles. Celles-ci, dans leur aspect d’origine, étaient parfois généreusement dotées de matière lumineuse, jusqu’à être même recouvertes de pâte au radium comme une brosse à dents de dentifrice (voir les exemplaires présentés ici ou là)…
L’exemplaire présenté ci-dessous a la particularité d’avoir un cadran tropicalisé. Les Cyma semblent être à peu près les seules, parmi les Douze, à connaître parfois ce type de « patine » due à l’altération de la peinture et très prisée des collectionneurs… Comme toujours s’agissant de ces Dirty Dozen, il est fréquent que les cadrans et aiguilles aient été relumés par les horlogers de Sa Majesté durant leur service militaire (afin d’éliminer le radium) ou à l’occasion d’une restauration postérieure à leur réforme. Il n’est pas rare non plus que des pièces aient été remplacées sans trop d’égard pour la conformité à l’origine. Il convient donc d’être vigilant lors d’une acquisition ! Pour autant, l’état original des Cyma s’avère, en moyenne, mieux garanti que celui d’autres Dirty Dozen dont les pièces étaient interchangeables, dont les cadrans, moins bien réalisés, ont plus souvent nécessité un remplacement, ou les boîtiers, de médiocre facture, ont été généralement ravagés.
En dévissant le fond, on tombe sur un cache-poussière qui la mécanique des intrusions indésirables et des champs magnétiques.
Une fois soulevé, ce dernier révèle un mouvement maison de bonne facture : le calibre 234. Doté d’un mécanisme d’ajustement de l’avance non conventionnel et probablement unique, détaillé par Rich sur son blog Thewatchspotblog.com, il est réglé pour fournir une précision chronométrique.
Ces quelques lignes et photos suffiront sans doute à vous convaincre, cher lecteur, que ce n’est pas totalement un hasard si les Cyma, malgré leur rareté très relative, ont pris un certain ascendant dans le cœur des amateurs sur d’autres W.W.W. perçues comme moins attrayantes. Cela ne dispense cependant nullement de s’intéresser aux onze autres !
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Dirty Dozen: l'Eterna
Vous le savez sans doute déjà mais mieux vaut se répéter que se contredire : les Dirty Dozen forment une grande famille de montres militaires autrement désignées par trois W.W.W. qui veulent dire Wrist Watch Waterproof. Destinées aux troupes britanniques engagées dans la Seconde Guerre mondiale, elles ne sont livrées qu’en 1945, après la défaite de l’Allemagne nazie, mais connaissent par la suite d’autres théâtres d’opérations, jusqu’à, pour certaines d’entre elles, la première guerre du Golfe…
Parmi les Douze, l’Eterna est l’une des plus rares. Avec seulement 5 000 exemplaires produits, elle fait jeu égal avec la Longines, derrière la Grana (1 000 à 1 500 unités) et l’IWC (6 000).
C’est l’une des plus rares mais aussi souvent l’une des mieux conservées grâce, notamment, à son boîtier en acier, plus résistant aux altérations que les boîtiers en alliage chromé de certaines de ses collègues. Celui-ci, d’un diamètre de 36 mm, se distingue par un profil un peu plus « tendu » que la plupart des autres W.W.W., dont les cornes semblent agripper le poignet comme les serres d’un rapace. Cette forme particulière, plus en accord avec les canons des années 1950-1960, lui confère aussi un petit surcroît de modernité.
À chacune des douze marques est associée une ou deux lettres destinées à faciliter le référencement des modèles dans les registres de l’armée. Eterna s’est vu attribuer les lettres P et Q (mais le P est également dévolu aux Cyma).
Pour accéder à la mécanique, il faut donc dévisser le fond et retirer le cache-poussière en fer doux. Ce dernier permet notamment d’isoler plus efficacement le mouvement des effets des champs magnétiques. On découvre alors que notre Eterna abrite un splendide mouvement maison : le calibre 520 (15 rubis), qui oscille à 18 000 A/h et affiche une réserve de marche de 42 heures.
Réputé fiable et précis, celui-ci se retrouve dans un certain nombre d’Eterna civiles. C’est aussi un dérivé de ce mouvement, le 520S, à seconde centrale, qui animera bien des modèles de la marque pendant de longues années.
Dernière chose à noter à propos de ce modèle : certains émettent l’hypothèse que le choix d’Eterna par l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl pour la fameuse expédition du Kon-Tiki dans l’océan Pacifique, en 1947, aurait été motivé par la réputation de la marque dans la fabrication de montres résistantes à l’eau, et que cette réputation aurait été notamment forgée par son modèle type .
Il est vrai, en tout cas, que la plupart des marques ayant été fournisseurs des armées victorieuses durant la Seconde Guerre mondiale se sont appuyées sur cette forme de « reconnaissance » pour la transformer en argument commercial… et Eterna ne s’est vraisemblablement pas privé de le faire. Quand on sait le succès et la postérité qu’auront ensuite l’appellation Kon-Tiki dans l’histoire de la marque Eterna (jusqu’à aujourd’hui), il est plaisant de croire qu’il y a, à l’origine, la jolie montre militaire qui vous a été présentée ici…
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WWW Dirty Dozen: la Timor
La Timor Watch Co. SA a été enregistrée une première fois en 1923 par Bernheim and Luthy (Bernheim & Co) à La Chaux-de-Fonds, puis de nouveau en 1927, toujours à La Chaux-de-Fonds ainsi qu’à Montilier. La société assemblait des montres à partir d’ébauches et de boîtiers fournis par des sous-traitants. Timor n’aurait réalisé ses propres mouvements qu’à partir de 1939 à Montilier, l’essentiel de la production étant destiné à l’exportation vers l’Angleterre et les États-Unis. Nul besoin de chercher plus loin la raison pour laquelle cette modeste maison horlogère s’est retrouvée, en pleine Seconde Guerre mondiale, parmi les fournisseurs appointés de l’armée britannique… Ce sont environ 13 000 Timor qui seront ainsi, selon les estimations, livrées en 1945 au ministère de la Défense.
Timor a donc proposé, suivant le cahier des charges W.W.W., une superbe montre de 36,5 mm de diamètre. Le boîtier est en alliage rhodié, avec un étagement discret de la lunette qui lui donne un aspect step case. Les cornes courtes, épaisses et crochues, confèrent à l’ensemble un aspect galbé et râblé du meilleur effet, souligné par le traitement sablé de la surface. C’est, à mon avis, l’un des plus réussis avec le boîtier de la Cyma.
Le cadran, suivant les spécification du MoD, est à fond noir (mat, comme la plupart des Douze), composé d’un chemin de fer rythmé par de gros points lumineux marquant les heures, elles-mêmes signalées par de gros chiffres bien lisibles. Une petite seconde est positionnée à six heures et l’ensemble est complété par un minimum d’inscriptions : TIMOR, la Broad Arrow et la mention SWISS MADE. Le cadran est surmonté d’une paire d’aiguilles « chandelles » fines et lumées. Il semble que ce soient les seules à avoir été peintes en blanc parmi les douze W.W.W.
Plus tard, les cadrans et aiguilles détériorés seront remplacés par des versions produites par l’armée britannique : on trouve alors généralement des aiguilles type seringue et les cadrans sont aisément reconnaissables à l’aspect du sous-compteur, aux graduations simplifiées.
Le fond, en acier et vissé, fait partie des rares à faire figurer le nom de la marque, très soigneusement estampé. Dessous, on trouve encore la Broad Arrow de l’armée britannique, les trois W ainsi que les numéros de série militaire et civil, les deux étant invariablement séparés de 29 900 unités. Enfin, la lettre K, repère affecté par le MoD aux exemplaires issus de la marque Timor.
Timor avait, nous l’avons évoqué, commencé à fabriquer ses propres mouvements à partir de 1939. Est-ce dû au manque d’expérience ou à la crainte de ne pouvoir atteindre le rendement nécessaire pour répondre à la commande ? Toujours est-il que la marque choisit de personnaliser une ébauche de la manufacture A. Schild, le calibre AS 1203, adapté à la marge et identifié chez Timor sous la référence 6060. Celui-ci est accessible après avoir retiré le cache-poussière en fer doux, conçu pour améliorer la prévention des effets du magnétisme.
Après 1945, Timor tire quelques bénéfices sa participation à l’effort de guerre en axant sa promotion sur la réputation de fiabilité. La marque produit, dans les années 1950, une gamme de modèles en acier, plaqué or et or massif, avant le déclin et la disparition dans les années 1960-1970. De ce fait, les archives ayant été perdues, il est difficile d’en savoir plus.
Reste cette W.W.W., témoignage d’une marque horlogère aujourd’hui oubliée mais qui, aux heures les plus tourmentées du XXe siècle, s’est trouvée sélectionnée dans une équipe mythique, que l’on appellera plus tard les Dirty Dozen. Ce modèle, encore une fois, justifie à lui seul que Timor ait sa part de postérité.
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WWW Dirty Dozen: la Record
Réputé pour la précision de ses garde-temps, Record est assez naturellement devenu fournisseur de plusieurs corps d’armée dans les années 1930-1940 et, singulièrement, de l’armée britannique. Ce sont pas moins de 25 000 exemplaires, selon les estimations, qui ont, au second semestre de 1945, été livrés au Royaume-Uni. Cela fait de la Record, avec l’Omega, la plus répandue des douze W.W.W.
Record Watch Co. est fondé en 1903 à Tramelan, dans le Jura bernois, en vue de produire et breveter la Sector Watch, une montre de poche de forme triangulaire et à affichage rétrograde. La marque jouit d’une très bonne réputation avant-guerre, celle de produire des montres de haute précision. En 1916, la marque fusionne avec plusieurs sociétés sous le nom de Record Dreadnought Watch Co. SA et dispose d’une large gamme d’instruments de mesure du temps et de mouvements, sous plusieurs marques.
Réputée pour fabriquer des modèles de haute précision, Record devient fournisseur de plusieurs armées. En 1949, la société reprend sa dénomination originale et poursuit son développement. En 1960, une montre de poche Record devient la première montre suisse à s’imposer aux États-Unis dans le réseau de chemins de fer.
Il en faudra cependant davantage pour maintenir l’indépendance de la société, dont Longines prend le contrôle l’année suivante. La marque survit ainsi, au gré des considérations de l’actionnaire majoritaire, jusqu’à la fermeture en 1991.
Difficile de savoir, comme à chaque fois, combien d’exemplaires ont traversé les décennies jusqu’à nous. Il convient cependant de noter que les Record W.W.W. se trouvent encore assez facilement, du moins à condition de ne pas être exagérément exigeant sur leur état… Comme pour les Buren, JLC, Lemania et Vertex, le boîtier a été en effet conçu en laiton chromé — les pénuries d’acier avaient dicté ce choix au prix d’une moindre résistance à l’usure. Record partage le sien (ainsi que le fond en acier) avec les Lemania et Vertex. Il résulte d’ailleurs de cette mutualisation des fournisseurs que, lors des maintenances opérées par les horlogers de l’armée, les fonds ont été bien souvent interchangés.
Dans leur aspect original, ces boîtiers sont brossés et joliment galbés et, avec 36,5 mm de diamètre, la Record occupe bien le poignet et n’a pas vraiment à rougir face à une montre des années 2010.
Le cadran, conforme au cahier des charges, expose la marque et la Broad Arrow sur un fond noir laqué du plus bel effet. On trouve également notre Record avec des cadrans de service du ministère de la Défense (MoD) pourtant la référence au code fournisseur attribué à Record, à savoir : 10034.
La mécanique animant cette montre est un calibre Record 022K à 15 rubis et spiral Breguet. Sa conception et sa finition en font probablement le mouvement le plus beau et le plus élaboré que Record ait jamais produit.
Bref, la Record n’est pas une Dirty Dozen au rabais. De fait, les normes d’étanchéité et de précision contenues dans le cahier des charges émis par le ministère de la Défense ont imposé aux douze marques une exigence de qualité de conception qui garantissent que chacune des W.W.W. mérite une réelle considération, même si elle n’est ni la plus rare, ni la plus grande, ni la plus prestigieuse.
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