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lundi, mai 28, 2018
Chronomaster Aviator Sea Diver: 1. Le Venus 210
Lancé en 1961, le Chronograph Aviator Sea Diver, à défaut d’en avoir la dénomination définitive, contient l’essentiel des caractéristiques qui feront le succès du Chronomaster Aviator Sea Diver (CASD) pendant près de deux décennies, à commencer par son design, aussi remarquable dans les proportions que dans les détails (voir notre article d’introduction).
L’attrait du modèle, outre ses proportions réussies, tient aussi à son superbe cadran, résolument sportif, et à une paire d’aiguilles luminescentes qui ne manquera pas d’évoquer les Omega de 1957, Speedmaster CK2915 en tête.
Bon, les goûts et les couleurs, me direz-vous… Alors, pour ne pas nous en tenir aux éléments subjectifs, notons aussi que cette montre n’a tout simplement pas de concurrent à l’époque ! Nous ne sommes qu’en 1961 et la vénérable maison Nivada propose en effet au public rien moins qu’un chronographe étanche à 200 mètres doté d’une lunette rotative, l’ensemble offrant une panoplie de fonctions inédite. Les seuls chronographes à lunette mobile, en 1960, sont en effet loin d’être résistants à l’eau et proposent essentiellement des fonctions de navigation (Type 20 de l’armée française et autres chronographes de pilotes, chez Breitling notamment). Il faut attendre la sortie de l’Heuer Autavia 2446M, en 1962, puis la diffusion des boîtiers 20 ATM, vers le milieu des années 1960 (photo ci-dessous), pour voir proliférer des engins à peu près comparables en termes de polyvalence. Pour cette première exécution, Nivada utilise un calibre Venus 210, mouvement à cames de petit diamètre que l’on trouve notamment dans des chronographes Breitling (réf. 2100) des années 1950. Le pont porte, selon les cas, la signature Nivada ou la double signature Nivada et Croton.
Produit jusqu’en 1963, le Chronograph Aviator Sea Diver se distingue des générations ultérieures non seulement par cette mécanique et son appellation « primitive » mais aussi par plusieurs caractéristiques propres. La plus évidente est que, les montres étant encore farcies de radium en ce début des années 1960 (le tritium lui sera substitué au tournant de 1964), c’est bien cette substance qui est présente sur le cadran et les aiguilles avec généralement, sous l’effet du temps, une appétissante patine caramel. L’insert de lunette en epoxy (?) présente des chiffres plus étroits et des index plus gras que sur les versions ultérieures. La marge entre les inscriptions et la bordure de l’insert est également plus importante. Spécifiques enfin, les boutons poussoirs font 4 mm de diamètre pour 2,5 mm d’épaisseur, plus petits que leurs successeurs.
Le Chronograph Aviator Sea Diver se trouve le plus fréquemment sous les marques combinées Corton Nivada Grenchen. CROTON NIVADA GRENCHEN Chronographe Aviator Sea Diver, cal. Vénus 210, vers 1961-1963. CROTON NIVADA GRENCHEN Chronographe Aviator Sea Diver, cal. Vénus 210, vers 1961-1963. CROTON NIVADA GRENCHEN Chronographe Aviator Sea Diver, cal. Vénus 210, vers 1961-1963.
Plus rarement, il se rencontre sous la seule marque Croton et, parfois seulement, sous la seule marque Nivada Grenchen, Les dénominations apparaissent généralement sous la forme de caractères bâton mais on rencontre des exemplaires estampillés Nivada Grenchen où Nivada apparaît sous sa typographie officielle :
Le fond de boîtier, à double méplat, affiche sur la circonférence les inscriptions STAINLESS STEEL WATERPROOF SHOCKPROTECTED ANTIMAGNETIC et, au centre, la référence 8719 M 8221 surmontée, dans certains cas, de la signature Nivada (ci-dessous, photo de droite)
NIVADA GRENCHEN Chronographe Aviator Sea Diver, cal. Vénus 210, 1960-1963. NIVADA GRENCHEN Chronographe Aviator Sea Diver, cal. Vénus 210, 1960-1963.
Une variante existe avec les inscriptions disposées plus près du centre. La face interne porte la double signature NIVADA GRENCHEN et CROTON ainsi que la référence 82116.
Non dénué de succès, du fait de la notoriété croissante d’une marque auréolée des aventures qu’elle sponsorise mais aussi de ses qualités intrinsèques d’esthétique et de sportivité, le modèle évolue discrètement en 1963 et troque la classique appellation Chronograph contre un Chronomaster bien plus distinctif — même si le clin d’œil à la trilogie Omega n’échappera à personne… À suivre dans le deuxième volet de cette série, consacré aux modèles à calibre Valjoux 92.
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